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Une juge fédérale américaine rendra le 2 février sa décision concernant la révocation du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens aux États-Unis. La mesure, décidée par l’administration du président Donald Trump, fait l’objet de plusieurs recours judiciaires examinés à Washington.
Au terme de deux jours d’audiences, la juge Ana C. Reyes, du tribunal fédéral du district de Columbia, a exprimé de sérieux doutes sur la légalité de la décision gouvernementale. Elle a notamment remis en question l’existence d’une évaluation individualisée et objective de la situation des pays concernés, dont Haïti. « Je ne peux pas croire qu’il y ait eu une décision non prédéterminée examinant chaque pays de manière impartiale », a-t-elle déclaré, selon le journal Miami Herald.
Depuis le début de son second mandat, Donald Trump a engagé une vaste offensive contre les dispositifs de protection migratoire temporaire. Sous l’autorité de la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, l’administration a mis fin ou engagé la résiliation du TPS pour plus d’un million de personnes originaires d’une douzaine de pays en crise, dont Haïti, le Venezuela, l’Afghanistan et la Syrie.
Les plaignants, réunis dans un recours collectif, estiment que la révocation du TPS pour Haïti, prévue à partir du 3 février 2026, viole le droit administratif fédéral et la Constitution américaine. Ils soutiennent que la décision ne repose pas sur la réalité sécuritaire du pays et serait motivée par des considérations arbitraires, voire discriminatoires. Le gouvernement, de son côté, affirme que la secrétaire à la Sécurité intérieure dispose d’un large pouvoir discrétionnaire non soumis au contrôle des tribunaux, rapporte le média.
La juge Reyes s’est montrée particulièrement sceptique face aux arguments de l’administration, rappelant que les bénéficiaires haïtiens du TPS contribuent largement à l’économie américaine, notamment en Floride. Elle a également pointé les contradictions du gouvernement, qui affirme à la fois que le retour en Haïti est possible tout en reconnaissant la présence massive de gangs armés et de graves problèmes de sécurité.
Accordé pour la première fois aux Haïtiens après le séisme de 2010, le TPS protège aujourd’hui des centaines de milliers de personnes. Alors que les Nations Unies décrivent une situation humanitaire et sécuritaire dramatique en Haïti, la décision attendue le 2 février pourrait avoir des conséquences majeures pour la communauté haïtienne vivant aux États-Unis.
Nouvelles Des Amériques
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