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Médecins Sans Frontières annonce la suspension de ses activités médicales à Bel-Air, dénonçant une situation sécuritaire qui met en péril la vie des civils et l’accès aux soins.
L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé une nouvelle suspension de ses services médicaux dans le quartier de Bel-Air, à Port-au-Prince, en raison de la détérioration rapide de la situation sécuritaire, marquée par des affrontements armés entre gangs et forces de l’ordre.
Cette décision intervient après une flambée de violences liée à l’intensification des opérations policières, notamment l’utilisation de drones explosifs contre des groupes armés. Des habitants rapportent que ces raids ont entraîné une multiplication des échanges de tirs dans plusieurs zones résidentielles, transformant le quartier en une véritable zone de guerre.
Dans ce contexte, un ancien travailleur social de MSF a trouvé la mort après avoir été blessé lors des affrontements. Selon l’organisation, il n’a pas pu être pris en charge à temps, le bâtiment servant de clinique ayant été pris dans les combats. « Faute de pouvoir recevoir les premiers soins, il est malheureusement décédé des suites de ses blessures devant le portail du bâtiment », a déclaré MSF dans un communiqué, ajoutant que « ce n’est pas un cas isolé ».

L’organisation précise que sept volontaires communautaires ont également été pris sous le feu croisé alors qu’ils se trouvaient dans l’ancien bâtiment scolaire utilisé comme dispensaire. Coincés à l’intérieur pendant plusieurs heures, ils ont finalement réussi à s’échapper. Quelques minutes plus tard, un bénévole communautaire blessé, collaborateur de MSF, est arrivé pour demander des soins, mais n’a pas survécu.
Face à cette escalade, MSF alerte sur l’impact dramatique de la violence sur les populations civiles. L’organisation souligne que cette situation « met non seulement en danger la vie de milliers de civils vivant dans la zone des opérations policières en cours, mais compromet de façon alarmante leur accès aux soins de santé ».
À Bel-Air comme à Bas-Delmas, les structures de MSF assurent chaque mois des milliers de consultations médicales. « Les interventions médicales que nous menons à Bel-Air et à Bas-Delmas apportent des soins essentiels à plusieurs milliers de patients chaque mois », a rappelé Nicolas Tessier, chef de mission de MSF en Haïti. « Sans ces dispensaires, ils seraient totalement privés d’accès aux soins. Aujourd’hui, en raison de ce nouvel épisode de violence, nous sommes contraints de suspendre toutes nos activités à Bel-Air jusqu’à nouvel ordre. »
Ce n’est pas la première fois que l’organisation est forcée de réduire ou d’arrêter ses opérations en Haïti. Au cours des deux dernières années, MSF a dû fermer temporairement, voire définitivement, plusieurs de ses structures médicales en raison des menaces pesant sur la sécurité de son personnel et de ses patients.
Dans son dernier appel, Médecins Sans Frontières exhorte toutes les parties impliquées dans le conflit à respecter le droit humanitaire. L’organisation demande notamment de garantir la protection « des infrastructures médicales, du personnel soignant, des patients et des civils », rappelant que l’accès aux soins est un droit fondamental, même en période de crise.
Nouvelles Des Amériques
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